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Edito
Le pardon
La Terre-Mère nous parle maintenant. Elle vit la Terre-Mère, elle nous donne la vie. Le Créateur lui a donné la responsabilité de prendre soin du monde et de nous soigner, de nous donner toutes les choses qu'on peut manger pour vivre. Elle a gardé seulement l'eau, les lacs, les rivières. Tous les fruits qu'elle nous rend à chaque été sont gratuits parce que l'argent n'existe pas pour elle. L'argent n'existait pas pour nous. Mais depuis que l'argent est arrivé ici tout va mal. Je ne veux pas critiquer personne. Le Créateur veut que je les aime et je les aime. Et quand je dis que je les aime, ça vient du fond du coeur parce qu’il faut toujours pardonner tout le temps. Si on avait pas pardonné aux voyageurs, on aurait mis des choses dans les édifices fédéraux et provinciaux pour les faire sauter, comme dans d'autres pays où les gens sont en guerre et s'entretuent. Ce n'est pas comme ça qu’on veut vivre, ce n'est pas une solution. La solution est que l'on puisse revenir tous ensemble. Le Créateur veut qu'on soit une personne, la création était faite pour une personne. On s'est divisé en milliers de noms et de religions. C’est plus de la compétition qu'autre chose. Tous disent que le leur Dieu est meilleur que l'autre, que l'autre c'est un démon. C'est ce qu'ont fait les missionnaires quand ils sont arrivés ici. Les missionnaires nous disaient que notre façon de vivre, en remerciant Dieu tout le temps pour toutes les choses qu’il nous donne, comme lorsqu'on allait ramasser les bleuets pour faire des cérémonies, c'était des superstisions.
Il y a des gens qui se demande pourquoi il faudrait pardonner ? C'est la seule solution, si on ne pardonnait pas, jamais on ne respecterait quelqu'un. Il faut pardonner pour respecter puis aimer. Parfois, c'est difficile de pardonner, c'est difficile parce qu'il y a le passé, il y a ce qui est arrivé à mes ancêtres. Nos enfants ont souffert dans les écoles, ils ont été violés. On pardonne maintenant, on ne va pas brûler les églises pour ça. Il faut pardonner et aimer. Mais quand vous dites à quelq'un « je vous aime », il faut que ça vienne de là (le coeur). Parce que souvent on entend dire « je t’aime » par la bouche alors que le coeur dit « je te hais ». Mais ça ne donne rien de pleurer sur son sort. Il faut aller de l'avant. Je prie pour les gens qui ont fait du mal dans le passé. Je veux pas critiquer personne. Le Créateur veut que nous soyons compatissants. Ce n'est pas d'haïr les autres et de blasphémer contre quelqu'un qui sauvera le monde. J'ai 86 ans, j'ai un petit peu de temps devant moi mais je n'ai pas le temps d'haïr personne. C'est la compassion entre nous qui va changer le monde. William Commanda
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Kwei !
«Ce sont les compagnies forestières qui décident des limites des aires protégées au Québec. Quand la forêt n'est pas bonne pour elles, le gouvernement dit alors protéger le territoire qui reste pour l'environnement. C'est un non-sens.» Celui qui en a gros sur le coeur est un des promoteurs et instigateurs de l'aire protégée du lac Némiscachingue, l'une des rares réserves de biodiversité projetées dans le sud du Québec
Michel Desjardins est pourvoyeur sur une petite île au milieu de ce lac de 30 kilomètres de longueur. Lui et les Autochtones atikamekws de la réserve Manouane, située à une vingtaine de kilomètres au sud à vol d'oiseau, sont les deux groupes qui avaient demandé à Québec de protéger ce lac exceptionnel pour la pêche, sa faune, sa flore et aussi pour son histoire. La bonne nouvelle de mai 2008, annoncée en grande pompe, a laissé place aujourd'hui au désenchantement, à l'inquiétude et à la colère. Québec a bel et bien protégé 23 kilomètres carrés contre toute exploitation des ressources naturelles, mais dans ce territoire, on inclut l'eau du lac, un secteur escarpé inaccessible aux machineries et un autre secteur qui est déjà passablement endommagé par l'exploitation forestière. Pourquoi avoir exclu le sanctuaire? Mais ce n'est pas le pire, selon les deux groupes. Le plus incompréhensible, c'est le détour volontaire dans le périmètre de l'aire protégée, au nord du lac, pour y exclure la rivière Némiscachingue et ainsi laisser les compagnies forestières y prélever les épinettes jusqu'au bord de l'eau. Pourtant, cette rivière est tellement vulnérable et sensible qu'elle a été déclarée l'un des rares sanctuaires de pêche au Québec, il y a une vingtaine d'années. Cette rivière est une frayère à dorés jaunes à ce point productive et importante pour tous les lacs situés en aval, ceux qui donnent naissance à la rivière du Lièvre, que le gouvernement a décidé d'y interdire la pêche. Des biologistes sont déjà venus y prélever des gros géniteurs pour ensemencer d'autres lacs. «La seule chose qu'ils devaient protéger à tout prix avec cette aire protégée, c'est la rivière et tout ce qui l'entoure. Mais non, ils ont permis aux compagnies forestières de venir couper jusqu’au bord de ce sanctuaire. C’est une catastrophe!», lance Michel Desjardins, découragé par la tournure des événements. «Pourquoi ont-ils laissé un trou comme ça en plein où on leur demandait de tout protéger? C’est illogique», poursuit Henman Niquay, un Atikamekw qui fait avancer le dossier pour le conseil de bande. «Si toutes les aires protégées par le gouvernement sont comme ici, ajoute Michel Desjardins, c’est de la poudre aux yeux qu’on nous lance juste pour se donner l’air écolo, alors que c’est l’industrie qui compte avant tout.» Un consensus «socioéconomique» Patrick Beauchesne, le grand patron des aires protégées au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), ne cache pas que le périmètre de ces territoires sauvegardés est le fruit d’une consultation et, surtout, dit-il, d’un consensus «socioéconomique». «Il n’y a pas seulement des aspects environnementaux, dit-il. Dans le Nord, il y a aussi des questions économiques. L’aire du lac Némiscachingue est déjà très vaste pour le Sud, dit-il, et tous les promoteurs en voudraient toujours plus.» Il précise toutefois que l’aire protégée du lac Némiscachingue n’est qu’une réserve de biodiversité projetée. Cela signifie qu’il se passera au moins trois autres années avant qu’elle ne devienne permanente, qu’il y aura d’autres consultations et que les personnes insatisfaites auront la possibilité de se faire entendre. D’ailleurs, Henman Niquay a bien l’intention de se faire entendre. Le périmètre de l’aire protégée ne fait pas du tout son affaire ni celle des familles autochtones concernées. Il proposera sous peu les modifications qu’il souhaite voir apporter à ce territoire ancestral. «On ne veut pas arrêter toute la production forestière, dit-il, mais on veut conserver des territoires intacts pour nos lignes de trappe et pour les générations futures.» Les bûcherons s’en viennent Entre-temps, les bûcherons approchent. La scierie Forget de Saint-Jovite, qui possède les droits de coupe dans ce secteur, s’apprête à construire un pont sur une autre rivière d’ici deux semaines (voir autre texte), ce qui lui donnera éventuellement accès à tout ce territoire exclu de l’aire protégée. «On est encore à bonne distance; nous ne serons pas là avant cinq, six ou sept ans», soutient François Lapalme, responsable de l’approvisionnement forestier chez Forget. Celui-ci reconnaît toutefois que ce sera la première fois que l’entreprise exploitera la forêt aux abords d’une rivière déclarée sanctuaire. «On va avoir le temps de s’informer pour savoir comment faire», dit-il. Justement, qui sait vraiment comment faire? Personne n’a encore pu expliquer au Journal quel serait l’effet des changements dans le drainage des sédiments occasionnés par l’exploitation forestière pour le sanctuaire, pour la frayère et pour la chimie de l’eau de la rivière.
http://www.canoe.com/infos/environnement/archives/2009/06/20090607-072856.html
émission radio RTBF (belgique) consacrée aux questions amérindiennes avec Charles Coocoo-Matotoson
Bonjour ci-dessous, le lien vers le podcast de la très belle émission "Tout autre chose" de Martine Cornil diffusée le 14 mai 2009 sur La Première-RTBF (Belgique) consacrée aux questions amérindiennes avec Charles Coocoo-Matotoson Iriniu et Gaetan Saint-Remy... Alors respecter ! Et comme m'a dit un jour un ami Innu (que je regrette de plus correspondre avec lui) écoute ,regarde mais ne dit rien ! Cela veut dire quoi d'après vous ?
Wemotaci, 105 km de piste forestière depuis La Tuque. Débarquer dans cette réserve indienne de la nation Atikamekw sans connaitre personne c'est pas forcément la meilleure idée. Mais il aurait été impoli de parcourir le Québec sans une visite de courtoisie à ses premiers habitants.
LA MÈRE-TERRE... (écris par Ikawa)
Publié par ti pied dans Texte et pensée de Ikawa LA MÈRE-TERRE... Derniers sondages
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Samedi 16 Mai 2009 à 09:10

