• Des peuples millénaires

    Lorsque les Européens s'installent sur les bords du Saint-Laurent au 16e siècle, des gens y habitent déjà depuis plusieurs milliers d'années. Ils vivent soit en sociétés complexes, soit en petits groupes familiaux. Chaque nation possédait sa langue, ses croyances et sa culture. De bonnes relations s'établissent entre les nouveaux arrivants et les Autochtones qui échangent leur savoir-faire. Par leurs connaissances du territoire, les Amérindiens permettent aux Européens et à leurs descendants de s'adapter à ce rude pays.

    Peu à peu cependant, les besoins des Européens transforment l'économie et la façon de vivre des Autochtones. La traite des fourrures modifie non seulement le réseau d'échanges complexe établi par les peuples autochtones, mais elle bouleverse profondément leur relation à la nature. Ils ne chassent plus uniquement pour se nourrir. Désormais, ils le font sur une grande échelle pour les besoins de l'Europe. De plus, au 18e siècle, la guerre militaire et commerciale que se livrent la France et l'Angleterre en terre d'Amérique engage rapidement les nations amérindiennes d'un côté ou de l'autre.

    Malgré tout, jusqu'au milieu du 20e siècle, les nations les plus éloignées des grands centres réussissent à conserver les traits les plus forts de leur culture. Ainsi les Montagnais, les Cris, les Naskapis et les Algonquins perpétuent un mode de vie semi-nomade basé sur la chasse, la pêche et la cueillette. D'autre part, les Inuit vivant isolés dans le nord du Québec n'ont pratiquement pas de contacts avec d'autres cultures avant 1950.

    Au fil des siècles, pour toutes sortes de raisons économiques et politiques, les relations entre les Autochtones et les autres habitants du Québec se font de plus en plus rares. La Loi constitutionnelle de 1867 et la Loi sur les Indiens confient la responsabilité des Autochtones au gouvernement fédéral qui crée des réserves pour les Amérindiens. De sorte que, au début du 20e siècle, les Autochtones et les autres Québécois n'ont presque plus de contacts. Cependant, depuis les années 1980, les échanges entre les deux groupes s'intensifient, tant au niveau social, culturel, éducatif que politique.

    Les relations entre le gouvernement du Québec et les Autochtones sont assez récentes puisqu'elles ne datent réellement que des années 1960. Lorsque le Québec décide de développer le potentiel hydroélectrique de la Baie-James, il se heurte à la résistance des Cris et des Inuit. Il entreprend, avec eux, des négociations qui mèneront à la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, en 1975. Il s'agit de la première entente du genre à être signée au Québec et au Canada. En 1978, les Naskapis signent une entente similaire, la Convention du Nord-Est québécois.

    Aujourd'hui, les dix nations amérindiennes et la nation inuit représentent environ 1 % de la population du Québec. Plus de la moitié des Autochtones ont moins de 25 ans. Il y a 54 communautés autochtones au Québec. Les Inuit vivent dans 14 villages dirigés par un maire et un conseil de village nordique, assumant des responsabilités similaires à celles des autres municipalités du Québec. Les Amérindiens habitent généralement des réserves ou des établissements administrés par un conseil de bande composé du chef et des conseillers. Les Cris et les Naskapis, ayant signé des conventions, ne sont plus régis par la Loi sur les Indiens mais par la Loi sur les Cris et les Naskapis qui leur donne un cadre juridique différent. Comme les Inuit, ils habitent sur des terres classées par catégories. De plus, il y aurait environ 15 000 Autochtones qui vivent en dehors des réserves au Québec, dont la grande majorité à Montréal.

    Les onze nations autochtones sont toutes différentes les unes des autres. Même à l'intérieur d'une nation, le mode de vie et la situation socio-économique peuvent varier beaucoup d'une communauté à l'autre. Ainsi, les communautés situées près des grands centres se fondent à la vie urbaine et régionale. Dans les communautés isolées, c'est souvent le mode de vie traditionnel et l'usage des langues vernaculaires qui prévalent encore. Il en est de même du développement économique. Il varie non seulement d'une nation à l'autre mais aussi d'une communauté à l'autre selon trois facteurs principaux : la proximité des marchés, le lien avec le réseau routier et le niveau de scolarisation. Il faut noter que l'économie des nations signataires des conventions, soit les Cris, les Inuit et les Naskapis, est en général meilleure que celle des autres nations.

    Les Amérindiens du Québec appartiennent à deux familles linguistiques et culturelles : algonquienne et iroquoienne. Les Abénaquis, les Algonquins, les Attikameks, les Cris, les Malécites, les Micmacs, les Montagnais et les Naskapis sont de culture algonquienne. Les Hurons-Wendat et les Mohawks font partie de la famille iroquoienne. Les Inuit sont de race et de culture différentes.

     

     Pour en savoir plus lisez la suite :

    http://www.cbnet.ns.ca/cbnet/educatio/micmac/nations.htm#Début


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