dimanche 26 août 2007
Décès de la mairesse Andrée Boucher
Une alliée pour les autochtones
La seule prise de bec entre Max Gros-Louis et Andrée Boucher remonte au moment des négociations sur la construction dun hôtel-musée à Wendake.
Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes
Pier-Luc Dupont
Le Soleil
Québec
Max Gros-Louis se souvient parfaitement de sa seule prise de bec avec Andrée Boucher. Cétait durant les négociations sur la construction dun hôtel-musée à Wendake. « Elle avait dit quelle allait parler à ses conseillers, mais quelle ne croyait pas que nous avions le droit. Je lui ai répondu que nous allions le faire envers et contre tous
et même contre elle ! », lance le chef des Hurons-Wendat, dans un éclat de rire tonitruant.
Lhistoire sest bien terminée : les autorisations ont été accordées et la mairesse a assisté à linauguration de lendroit, allant même jusquà fumer le calumet de paix. « Elle est devenue lune de nos meilleures alliées », atteste Max Gros-Louis, qui a collaboré avec elle pour la planification des Fêtes du 400e.
« Elle était très sensible à la participation des autochtones », ajoute Ghislain Picard, président de lAssemblée des Premières Nations. « Je me rappelle dun discours où elle disait que, comme beaucoup de gens, elle avait longtemps fait lerreur de croire que lhistoire avait commencé avec larrivée des Européens. Jai trouvé cela très approprié. Ça demandait un certain courage. »
Par son humour décapant, la mairesse savait désamorcer les frictions politiques, témoigne Max Gros-Louis. « Je lai rencontrée le jour où les journaux annonçaient en manchette que les Hurons réclamaient le territoire de Sillery. Elle ma dit que la première chose quelle avait fait ce matin-là, cétait de regarder si elle se trouvait à lintérieur
pour savoir si elle pourrait se présenter comme grand chef ! »
Une autre fois, en le voyant arriver avec son chapeau à plumes, elle a exprimé le souhait den posséder un semblable. « Ça irait bien avec mes robes ! », avait-elle pris soin dajouter, en référence au fameux costume Yves Saint Laurent.
Pour souligner son décès, une « grande perte » pour la nation huronne, les drapeaux de Wendake seront tous mis en berne. « Ses mocassins, ils étaient grands. Le prochain à les porter devra avoir les pieds solides », affirme Max Gros-Louis.