André Mercier
Le Nouvelliste
Collaboration spéciale
La Tuque
"J'étais d'abord venu au Québec en janvier 2004 et j'avais rencontré beaucoup de Québécois qui s'interrogeaient au sujet de la question autochtone", raconte Corentin Adolphy.
C'est ainsi qu'avec son collègue de la firme Sep Stigo Films, de Bruxelles, Gaétan Saint-Rémy, que l'idée de tourner un film documentaire sur les Atikamekw est née.
"Le tournage a eu lieu en août et septembre 2005, ainsi qu'en janvier et février 2006. Nous avons accumulé 60 heures d'images", mentionne Gaétan Saint-Rémy.
"Ce qui m'a marqué le plus en arrivant à Wemotaci, c'est cette saine indifférence des gens qui nous ont accueilli avec générosité", raconte M. Saint-Rémy qui, trois jours plus tard, s'est retrouvé en pleine crise autochtone, alors que des membres de la communauté s'en prenaient à Hydro-Québec, bloquant l'accès aux chantiers et au campement Flamand.
"On s'est rendus compte que les Atikamekw savaient dès le départ que c'était un combat perdu d'avance. Ils ont démontré qu'ils ne sont pas contre le partage de leur territoire et des ressources, mais ils veulent crier haut et fort qu'ils ont des droits ancestraux", commente Gaétan Saint-Rémy.
De retour d'un nouveau séjour de quelques jours chez leur ami Charles Coocoo, le sage de la communauté de Wemotaci, les deux cinéastes ont vécu l'expérience éprouvante de la tente de sudation. "Tous les hommes d'État devraient passer par la hutte de sudation avant de négocier. Ce serait bénéfique pour tous", mentionne M. Saint-Rémy.
Ayant en main le film complété, les deux cinéastes veulent le faire découvrir lors de festivals de films documentaires en Europe et en Amérique du Nord. Ils étudient actuellement la possibilité de le traduire en espagnol afin de le faire connaître en Amérique latine.