| Kitcisakik sadresse aux Nations Unies Par Stéphane Laroche La communauté algonquine de Kitcisakik sest adressée à lOrganisation des Nations Unis (ONU), le 10 octobre dernier, afin de linformer des conditions misérables auquelles ses habitants sont soumis et pour dénoncer «linertie du Canada». Sous le mandat du chef de Kitcikakik, Edmond Brazeau, lex-chef Jimmy Papatie est aller informer des représentants de lONU à leffet qu«il existe une communauté sans eau courante, sans électricité et sans logements adéquats au Canada, et quil sagit dune situation inacceptable dans un pays qui se considère champion des droits de la personne». Lors de cette rencontre tenue à Kahnawake, M. Papatie a remis aux représentants des Nations Unis un rapport sur lévaluation des conditions de salubrité dans les résidences de Kitcisakik. Ce document fait état de la gestion des déchets et des eaux usées, du danger que représente le chauffage au poêle à bois dans des pièces non ventilées, du fait quil ny a pas de toilettes dans les maisons et que les gens doivent sortir faire leurs besoins à lextérieur, au bloc sanitaire public ou encore dans une toilette sèche... Bref, «ce rapport traite du danger quil y a pour la santé publique», résume M. Papatie. Projet de village Ce dernier a profité de cette rencontre pour présenter le projet du construction du village Wanaki. Ce projet consiste à bâtir des logements adéquats dotés deau courante, délectricité et de toutes les commodités dune maison moderne, ainsi que des édifices publics dédiés aux sports, aux activités communautaires, aux soins de santé... Le projet vise aussi à impliquer directement les gens de Kitcisakik dans le développement de léconomie. «On propose des solutions pour permettre à la communauté dassurer son développement, soutient M. Papatie. Il sagit dun projet de société qui pose un regard vers lavenir.» La concrétisation du projet Wanaki coûterait autour de 120 millions $. La plus grande partie serait assumée par les différents paliers de gouvernement. «Il faut que le gouvernement voie ça comme un investissement qui entraînerait des retombées dans la communauté et dans la région pour les années à venir», souligne M. Papatie, en faisant allusion à la formation, à la création demplois et à lensemble du développement économique. Non au statut de réserve Cest dans cette optique que Kitcisakik refuse daccepter le statut de réserve que leur aurait proposé le gouvernement fédéral. «Avec le statut de réserve, on crée des ghettos», dénonce M. Papatie. Nous, on veut créer notre économie. Si on a besoin dun service, on veut pouvoir se le payer et ne pas avoir à quémander.» Reste à voir si cette rencontre avec des représentants de lONU permettra daméliorer le sort des Algonquins de Kitcisakik. «Ça fera peut-être prendre conscience quil reste encore beaucoup de travail à faire. Mais si on sen va dans cette direction, ce sera déjà ça», conclut M. Papatie. http://www.hebdosquebecor.com/eaa/10172007/eaa_10172007_A11.shtml |