L’édredon de Patchwork
Voici l’histoire de l’édredon de vie.
Il y a longtemps, tous les peuples du monde prenaient soin du bel édredon qui donnait la vie à tous sur Terre-Mère. C’était un édredon gigantesque et ils ne pouvaient pas apercevoir ceux qui en prenaient soin de l’autre côté. Mais cela ne faisait rien. Chacun faisant confiance en l’autre, sachant que chaque individu ferait de son mieux pour que l’édredon est un aspect merveilleux.
Chaque personne était le gardien d’une pièce particulière. Chaque pièce était différente puisque c’est ce qui fait la particularité d’un édredon de patchwork. Les pièces étaient de différentes couleurs, avaient des modèles et des conceptions différents. Mais il n’y avait pas de jalousie car tous les fabricants savaient qu’une fois mis bout-à-bout, les pièces deviendraient ce qui allait devenir le merveilleux Edredon de la Vie.
Pour connecter les pièces les unes aux autres, ils utilisèrent trois points de couture spéciaux. Les points etaient appelés Respect, Humilité et Responsabilité.
Un jour, les peuples Blancs travaillant sur le côté droit devinrent paresseux. Ils découvrirent que le travail pouvait être fait plus rapidement avec l’aide de machines. Alors ils construisirent des usines et très satisfaits de leur travail, ils s’en furent vers le côté gauche, le haut puis le bas de l’édredon. Ils dirent à tous les peuples qui travaillaient là qu’ils devraient eux aussi utiliser des machines.
Les peuples Amérindiens, travaillant sur chaque différentes parties, déclarèrent qu’ils ne voulaient pas utiliser de machines. Chacun d’eux sachant qu’il fallait mettre de son cœur et de son âme sur les pièces. Une machine ne possédait pas d’âme. Et puis, les machines rendaient toutes les pièces similaires.
Les Peuples Blancs devinrent fous. Pourquoi est-ce que les autres devraient ralentir le processus, alors qu’ils avaient trouvé une meilleure façon de faire ? Ils pouvaient fabriquer l’édredon de patchwork plus rapidement et surtout, ils n’avaient plus travailler aussi dur pour le confectionner.
Les Peuples Blancs sur le côté droit traversèrent jusqu’aux Peuples Améridiens sur le côté gauche et les menacèrent. Ils leur dirent : « Il faut que vous utilisiez des machines pour que mainteniez la même cadence que nous. Si vous n’utilisez pas de machines, nous vous forcerons à arrêter de fabriquer des pièces, nous vous tuerons afin que nous puissions vous remplacer et construire nos usines ici ! »
Les Peuple Autochtones du côté gauche prirent peur. Si cela arrivait, l’édredon de patchwork tomberait en lambeau et qu’arriverait-il alors au monde? Ils essaièrent de fabriquer des pièces en secret pour sauver l’édredon. Peu après, les Peuple Blancs comprirent que le gens de l’autre côté de l’édredon n’utiliserait pas de machines même s’ils étaient menacés et cessèrent d’essayer de les convaincre. Ils pensèrent alors que ces personnes étaient lentes, stupides et ignorantes.
Après avoir utilisé leurs machines pendant plusieurs années, un petit nombre de personnes Blanches s’aperçurent que les pièces qu'ils fabriquaient étaient ternes. Elles avaient toutes les mêmes couleurs et modèles, et cela ne ressemblait plus du tout à un édredon de patchwork. Les pièces n’étincelaient plus de la même manière que celles des Peuples Autochtones. Pour tout dire, l’édredon n’était pas beau du tout. Certains Blancs commencèrent à s’inquiéter. Peut-être que les usines n’étaient pas aussi bonnes après tout? Tous les vieillards qui savaient faire les pièces à la main étaient défunts. Alors ces Blancs firent le voyage jusqu’aux Peuples Amérindiens du côté gauche et leur dirent : « Vous devez nous montrer comment fabriquer des pièces ! Notre côté est horrible à voir et nous ne souvenons plus comment faire les pièces telles qu’elles étaient avant ! »
Les Peuples Améridiens qui avaient conserver leurs connaissances et leurs modèles intacts, savaient qu’ils ne pouvaient pas leur apprendre à faire les pièces. Ils savaient que le but du patchwork était que chaque pièce soit unique. « Vous devez trouver votre propre modèle ! » dirent-ils. « Nous devons tous faire des pièces différentes comme tous nos ancêtres l’ont fait avant nous! Si c’est uniforme cela ne sera plus l’Édredon de la Vie. »
Les Blancs en furent mécontents. Non seulement les Amérindiens avaient refusé les machines et mais maintenant ils refusaient de leur enseigner comment NE PAS utiliser ces machines !
Certains Blancs se mirent très en colère. Ils détruisirent le côté gauche où les Amérindiens avaient créé des pièces si jolies et si parfaites. Ils en emportèrent quelques unes avec eux sur leur côté droit. D’autres moins agressifs essayèrent d’imiter les pièces Amérindiennes sur leur territoire. Mais aucun comprirent ce que les Peuples Autocthones avaient voulu leur expliquer, quand ils leur dire qu’il y avait des pièces très spéciales de chaque côté de l’édredon.
Les Amérindiens pleurèrent. Le bel édredon était déchiré en morceaux. Il y avait des gros trous partout et ils savaient que si l’on ne les reprisait pas, cela serait dévastateur pour le monde entier.
Les Blancs repartir sur leur côté et essaièrent désespérément d’assembler les pièces qu’ils avaient volé, avec leurs propres pièces. Mais cela ne marchait pas. Ils essaièrent aussi avec les pièces qu’ils avaient copiées. Ça ne marchait pas non plus. Alors ils repartirent sur le côté gauche et dire aux Peuples Autochtones : « Notre côté de l’édredon est horrible à voir! Vous DEVEZ nous venir en aide ! ». Les Amérindiens étaient si occupés à essayer de réparer les dégâts causés par les blancs et étaient si effrayés que les Blancs profitent de la situation, qu’ils leur répondirent : « Allez vous en ! Nous ne pouvons pas vous aider ! Laissez-nous en paix ! ».
Les blanc alors réitérèrent leurs efforts avec leurs pièces d’étrange apparence. Ils essaièrent de les connecter avec le reste de l’édredons mais ca ne marchait pas du tout. Ils en devinrent enragés et plus ils essaiérent de connecter les morceaux ensemble, plus ils déchirèrent et endommagèrent ce qui restait de l’édredon. Les autres personnes sur les côtés crièrent : » Arrêtez donc ! Arrêtez ! Laissez l’édredon tranquille ! »
“Mais nous n’arrivons pas à assembler les pièces ensemble!” Les Blancs répondirent. « Comment devons-nous les ajouter au reste de l’édredon ? »
Les Peuples Autochtones se regardèrent, regardèrent ce qu’il restait de l’édredon et secouèrent la tête. Ils voyaient les Blancs se démener, déchirer et employer la force pour réparer l’édredon. Alors qu’ils savaient qu’il n’y avait que trois points de couture à faire pour cela : Respect, Humilité et Responsabilité.
Mais les Peuples Blancs avaient oublié comment coudre ces points.
De chaque côtés, se trouvèrent des personnes qui regardèrent ce qui se passait avec le Coeur fermé. Elles ne comprenaient rien à la beauté de l’édredon mais par contre comprenaient le désespoir des Blancs et de ce qu’ils pouvaient en tirer. Alors, après avoir fabriqué des copies bon marché de toutes les pièces, ils les amenèrent sur le côté droit. « Tenez!” dirent-ils en ouvrant le gros sac noir contenant toutes les pièces. “Nous avons des pièces qui proviennent de tous les côtés de l’édredon. Vous pouvez les mélanger et les assortir. Nous avons aussi de la colle à vendre. C’est le seul moyen que vous ayez de les reliées ensemble!”
Le Peuple des Blancs aimait tout ce qui pouvait se faire rapidement. Ils appréciaient aussi de ne pas avoir à travailler dur . Ainsi, ils dépensèrent énormément d’argent et achetèrent des pièces différentes et de la colle. Les « Revendeurs de Pièces » devinrent rapidement des héros. Malgré tout, certains Blancs restèrent sceptiques. Ils ne croyaient pas à la méthode de collage pour réaliser un édredon de patchwork. Et puis, ne leur avait-on pas dit que la fabrication même des pièces devait venir de leurs coeurs et de leurs âmes et non de leurs portefeuilles? Ils essayèrent d’en parler aux autres mais ces derniers ne les écoutèrent pas. Ils n’écoutèrent toujours pas quand les couleurs des pièces blanchirent ou quand ils commencèrent à tomber en morceaux. Ils avaient dépenser tellement d’argent sur ces pièces ! Tout ce qu’ils réussirent à faire fut de rajouter de plus en plus de colle, ce qui ne fit rien de plus que d’abimer de plus en plus l’édredon.
Certains commencèrent à s’apercevoir que quelque chose n’allait pas. Ils appelèrent les “Revendeurs de Pièces”. Ils les appelèrent et les appelèrent encore. Mais ils avaient disparu. Ils avaient pris leur grand sac noir et étaient repartis de l’autre côté de l’édredon. Ils savaient que leur colle ne tiendrait pas et que les couleurs se terniraient. Aussi ils avaient vendu le plus de pièces possible avant de disparaître.
Des Blancs regardèrent leurs pièces avec des larmes plein les yeux, réalisant qu’ ils s’étaient trompés. Ils avaient en mémoire un merveilleux édredon de patchwork et ce la leur brisait le coeur de voir à quel point cet Édredon de Vie était devenu abîmé et sale.
Ils se déplacèrent avec respect vers le côté gauche et dire avec les larmes dans les yeux : « Nous ne savons pas comment nous y prendre. Notre connaissance n’est plus. Nous voulons que l’édredon redevienne aussi beau que lorsque nos ancêtres s’en occupaient. Nous nous rendons compte qu’il nous faudra travailler ensemble. Nus ne pouvons plus nous permettre de vivre avec la jalousie, la colère et l’irrévérence. Nous avons été responsables de beaucoup de problèmes dans le passé et nous vous présentons nos excuses pour cela. Vos pièces sont si belles. Nous les admirerons depuis notre côté, car elles ne sont pas faites pour nous. Nous ferons nos propres pièces, nous les rendrons belles à notre manière et nous devrons le faire par le commencement. Mais n’y aurait-il pas moyen que vous puissiez nous aider à démarrer ce projet, au nom de l’édredon? Nous vous écouterons avec tout notre cœur. »
Un vieil Ainé Autocthone s’arrêta de coudre et leva la tête. « Vous êtes venus avec respect et humilité ! » dit-il. « Et vous avez démontré une grande responsabilité en vous préoccupant de l’avenir de l’édredon en son entier, et non pas de VOTRE côté seulement. Vous connaissez les points parce que la connaissance a survécue en vous et c’est pour cela que vous êtes venus aujourd’hui. Vous comprenez la manière dont vos ancêtres les ont cousus. Aussi laissez-moi vous dire ceci. Un édredon était souvent fabriqué par les pauvres. Certaines pièces étaient très colorées, d’autres non. Certaines étaient bleus, d’autres vertes, d’autres jaunes. Puis il y en avait des simples et des ternes. Mais quand toutes les pièces étaient ajoutées les unes aux autres, et SEULEMENT à ce moment-là, l’Édredon de Vie prenait forme. Vous avez essayé de créer la perfection et la similarité au lieu de la simplicité, diversité et la beauté d’assembler toutes ces pièces. Vos machines n’ont pas réussi à donner vie aux pièces et c’est pour cela qu’elles ont l’air triste et désolant. Maintenant quand vous recommencerez, vous devrez faire confiance à votre cœur. Ne chercher pas à voir ce que font les autres. Recherchez en vous mêmes les réponses. Créer des pièces simples. La magie réside dans les points de couture qui les relient, pas dans la complexité ! Qu’importe l’aspect de vos pièces. Si les points n’existent pas, l’édredon ne sera jamais réparé.
Alors le vieil homme offrit sa main et les Blancs la serrèrent avec bonheur au fond de leurs cœurs et répondirent qu’ils raméneraient la connaissance chez eux. Ils expliqueront aux autres d’arrêter de faire des pièces parfaites mais, plutôt d’essayer de coudre des points.
Ainsi fut-il. Le Peuple des Blancs dut recommencer à zéro. Ils firent des pièces très simples, parfois d’une seule couleur. Tous s’y attelèrent et personne ne sembla plus éprouver de la jalousie envers les modèles fabriqués par l’autre côté. Ceux qui avaient compris la magie des points de couture montrèrent aux autres comment les faire. Quand finalement les pièces furent ajoutées les unes aux autres avec le reste de l’édredon, les pièces qui au départ semblaient si ternes contribuèrent à créer le plus bel ensemble qu’ils ne leur aient jamais été donné de voir ! Tout-à-coup, il leurs sembla que les pièces se mirent à briller et à rougeoyer. Soudain tous les peuples furent comme frappés par la beauté de l’édredon en son entier.
Les Peuples Amérindiens furent si heureux. À présent que leur côté avait retrouvé la paix, ils avaient enfin le temps de repriser les trous. Enfin depuis des centaines d’années, ils pouvaient enfin voir l’édredon prendre vie ! Après cette journée, les Peuples jurèrent qu’ils n’oublieraient jamais plus comment coudre les points et que leur amour pour l’édredon ne serait plus jamais perdu !
Aussi, souvenez-vous de ceci:
Mére-Terre est notre édredon. Chacun d’entre nous doit s’occuper de sa pièce de tissu à sa manière. Vous ne protégerez jamais Mére-Terre en volant ou imitant les cérémonies des Natifs d’Amérique. Vous ne ferez que l’endommager. Il ne faut pas oublier qu’il y a plein de pièces de tissu différents. Certaines vont à droite, d’autres à gauche. Chaque cérémonies est basée sur l’emplacement de leurs origines. Vous ne pouvez pas les déplacer. Si vous le faites, vous créer un trou dans l’Édredon de la Vie..
Vos ancêtres connaissaient vos cérémonies et savaient comment prendre soin de votre lieu de résidence. Si la connaissance est perdue, vous devez recommencer à zéro. Vous devrez faire dans la simplicité parce que c’est ainsi que l’édredon est fait. Tout ce qu’il faut faire pour créer une pièce de tissu, c’est de trouver un emplacement dans la nature qui vous appelle. Si vous écoutez votre coeur, vous découvrirez cet endroit. Il vous trouvera. Restez pendant un moment et offrez une prière au lac, aux arbres, à la montagne et demandez à la nature ce dont elle a besoin. Et elle vous répondra comme elle l’a fait à vos ancêtres. La réponse ne sera pas de faire des Sweat Lodges, des Sundances ou des Vision Quests, parce que ce sont les réponses destinées pour l’autre côté de l’édredon. Par contre, les réponses seront celles qui conviendra à votre côté de l’édredon. Ces secrets ont été enfouis dans la mémoire humaine parce que personne ne s’est donné la peine d’écouter. Mais ils sont toujours la et vous, le gardien de cet emplacement, avez la responsabilité et l’obligation d’écouter.
Cela ne sera pas aussi “fascinant” que les cérémonies des Autochtones d’Amérique. Mais ne vous y trompez pas ! La magie réside dans les points de couture. Ce n’est que lorsque vous comprendrez votre pièce, votre part particulière de Mère-Terre, lorsque vous comprendrez votre responsabilité qui est de faire partie du plus bel édredon du monde, lorsque vous ne ressentirez plus le besoin d’utliser les cérémonies d’autrui au lieu de les admirer de loin, ALORS, la magie sera créer. Puis après avoir fait cela pendant un temps, vous vous rendrez compte que les Peuples de l’autre côté vous tendreront la main avec le besoin de se sentir connectés. Ils vous approcheront avec ce même respect et cette même confiance avec laquelle vous avez approché l’édredon de vie –(Mére Terre)et le jour où vos pièces tout autour du monde se connecterons, alors vous pourrez comprendre pour la première fois la beauté de travailler ensemble pour le bénéfice de Mère Terre. Et de l’Édredon de Vie.