Le 29 janvier 2008
Le Chef national, Phil Fontaine, et le Chef régional pour le Québec et le Labrador, Ghislain Picard, ont annoncé quils entendaient maintenir leur appui à légard de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
À loccasion dun petit-déjeuner organisé aujourdhui sur la Colline du Parlement, le Chef régional a prononcé une allocution devant des députés et des représentants de plusieurs organisations non gouvernementales, dont Amnesty International, Droits et Démocratie, Kairos, la Société religieuse des amis ainsi que dautres organismes autochtones, rassemblés pour discuter de lapplication de la Déclaration au Canada.
Le 13 septembre 2007, lAssemblée générale des Nations Unies, organe suprême de lOrganisation des Nations Unies, a voté en faveur de ladoption de la Déclaration, après plus de 20 années de négociations intensives entre les États-nations et les peuples autochtones. Toutefois, le Canada, qui est pourtant membre du Comité des droits de lhomme, organe créé en vue de faire respecter les normes les plus élevées en matière de droits de la personne, a voté contre la Déclaration. Alors quune majorité écrasante de 143 États ont voté en faveur de la Déclaration, seuls quatre pays sy sont opposés, dont le Canada.
« En rejetant la Déclaration, le gouvernement a entaché la réputation du Canada sur la scène internationale au chapitre des droits de la personne », a déclaré M. Picard. « Pour redorer le blason du Canada, jencourage tous les députés à appuyer la Déclaration à la Chambre des communes en adoptant une motion à ce sujet. »
« En dépit du vote négatif du Canada », a affirmé le Chef national Fontaine, « la Déclaration peut être perçue comme le point de départ dune nouvelle relation entre le gouvernement canadien et les Premières Nations. Dailleurs, a-t-il ajouté, cette Déclaration établit une norme reconnue à léchelle internationale pour le règlement des enjeux entre les États et leurs populations autochtones. Finalement, même si le Canada sest opposé à la Déclaration le 13 septembre dernier, les gestes quil posera et ses relations avec les peuples autochtones du pays seront jugés selon les normes établies par la Déclaration. Jincite toutes les Premières Nations du Canada à sappuyer pleinement sur la Déclaration, conjointement avec la constitution canadienne, pour faire respecter leur droit inhérent à lautodétermination. »
Afin dinformer les dirigeants des Premières Nations et les autres parties de lapplication de la Déclaration, lAssemblée des Premières Nations et le Conseil des leaders des Premières Nations de la Colombie-Britannique organisent conjointement un symposium qui se déroulera les 19 et 20 février 2008, à North Vancouver, au Chief Joe Mathias Centre. Au cours de ce symposium historique, des exposés seront donnés par des spécialistes de renom du Canada et dautres pays, notamment le Grand Chef Edward John et le Chef régional de lAlberta, Wilton Littlechild, qui ont consacré une grande partie de leur carrière à la Déclaration. Le Chef national a également affirmé : « Nous sommes extrêmement redevables au Grand Chef Ed John et au Chef régional Wilton Littlechild, car ils ont travaillé sans relâche à la défense des droits des Premières Nations en contribuant à la rédaction et à ladoption de la Déclaration. »
Le Chef national a réitéré les principes sur lesquels repose la Déclaration : « La Déclaration se fonde sur les principes de la démocratie, de la justice sociale, du partage, de la coexistence pacifique, ainsi que de la reconnaissance et du respect mutuels. Son adoption par les Nations Unies revêt sans contredit un caractère historique. Depuis sa première ébauche en 1985, cet important instrument international de défense des droits de la personne est le fruit du travail acharné et de l'engagement constant et soutenu dautochtones du monde entier, ainsi que de défenseurs des droits de la personne et de nombreux États-nations solidaires. Voilà véritablement laboutissement dun exercice de coopération internationale. »