| Les autochtones sadresseront à lUNESCO
« Nous sommes victimes daberrations » - Ghislain Picard | |
| Canoë Dominique Salgado 26/10/2007 18h26 |
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« S'il ne veut pas subir une condamnation sévère de la part des organismes internationaux, le gouvernement fédéral devra changer radicalement sa façon de faire », indique Ghislain Picard, le chef de lAPNQL, qui laissait la chance à Stephen Harper d'annoncer ses intentions à ce sujet dans le discours du Trône de la semaine dernière. Puisque rien ne semble avoir satisfait les exigences concernant les droits humains des Premières Nations, lAPNQL poursuivra ses tentatives afin de trouver une écoute attentive au niveau gouvernemental. « Nous utiliserons toutes les ressources utiles pour mettre au grand jour, ici et ailleurs, les aberrations dont les Premières Nations sont victimes au Canada », promet Ghislain Picard.
Croissance démographique
Rappelons que statistiquement, les autochtones se retrouvent devant des situations très pénibles et ce, depuis des décennies. Cest notamment le cas dans le domaine de léducation où, selon lAPNQL, la formule fédérale de financement des écoles des Premières Nations na pas été revue depuis 20 ans. Une crise du logement ne serait pas étrangère également aux problèmes sociaux rencontrés localement, sachant que la population des communautés autochtones a augmenté trois fois plus que celle de la province de Québec au cours des dix dernières années. La population autochtone connaît aussi une croissance démographique presque deux fois plus rapide que celle de la population canadienne en général.
Toutefois, l'espérance de vie des membres des Premières Nations est inférieure de six ans à la moyenne canadienne. Le taux de suicide chez les jeunes autochtones est de cinq à huit fois supérieur à la moyenne nationale. Sans compter, que le taux de mortalité infantile de la population autochtone est presque le double de la moyenne canadienne.
Par ailleurs, tous les rapports, toutes les statistiques et toute les analyses dégagent le même constat : les Premières Nations accusent un net retard en matière de développement économique. En 1996, une Commission royale sur les peuples autochtones révélait quà lui seul, le rattrapage économique des peuples autochtones au Canada nécessiterait un investissement de quelque 20 milliards $ annuellement, et ce, pendant au moins 20 ans. Cette somme représente environ trois fois le budget actuellement identifié aux communautés autochtones par le gouvernement fédéral.
« Après 400 ans d'abus, de négation de nos droits et de tentatives d'aliénation, il est temps de mettre fin au colonialisme », affirme le Chef Picard. Des demandes formelles de surveillance externe pourraient aussi être soumises à dautres entités de lOrganisation des Nations Unies (ONU).