Le dimanche 22 avril 2007

Raphaël Picard
Photo Ivanoh Demers, La Presse
Les Innus de Betsiamites plaident une requête importante
Presse Canadienne
Montréal
Les Innus de Betsiamites, sur la Côte-Nord, défendront en cour ce lundi une requête qui pourrait mener à la première attaque autochtone contre des lois fédérale et provinciale de mise en oeuvre d'un traité.
La communauté autochtone fera valoir en Cour supérieure une requête en scission, afin de diviser en deux un recours de grande envergure sur les droits ancestraux. Si le tribunal accède à la demande, les Innus pourront ensuite accélérer leur démarche, selon le chef de Betsiamites, Raphaël Picard.
Dans une entrevue téléphonique à la Presse Canadienne, il a déclaré que les Innus pourraient ainsi contester la validité constitutionnelle des lois fédérale et provinciale sur la mise en oeuvre de la Convention de la Baie-James, sans devoir faire la preuve en même temps de leurs droits ancestraux.
Le chef a précisé qu'un tel recours constituerait un précédent. La cause qui s'ouvre ce lundi constitue donc un moment historique et «mémorable», aux yeux du chef autochtone, et plusieurs autres nations en surveillent l'issue.
M. Picard a rappelé que la Convention de la Baie-James a mené à l'extinction de droits ancestraux des Innus, même s'ils n'en sont pas signataires.
Les Innus de Betsiamites poursuivent actuellement d'autres batailles en cour. Ils réclament notamment 11 milliards $ à Québec, à Ottawa et à Hydro-Québec, pour l'exploitation hydroélectrique de leur territoire et les dommages qu'elle cause. De plus, dans une autre cause, ils demandent aussi l'annulation des permis de coupe de bois accordés par Québec sur la Côte-Nord.