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Les Premières Nations réclament leur propre DPJ

 
Le samedi 21 juin 2008

Les Premières Nations réclament leur propre DPJ
 
Le chef Ghislain Picard craint l'assimilation des nombreux enfants que la DPJ sort des réserves. (Photothèque La Presse)

Le chef Ghislain Picard craint l'assimilation des nombreux enfants que la DPJ sort des réserves.
Photothèque La Presse

 
Nadia Ross
Le Soleil
Québec
En sortant les enfants des réserves pour mieux assurer leur protection, la DPJ ramène les autochtones à l’ère des pensionnats, dénonce Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL). Aussi réclame-t-il leur propre DPJ ou, du moins, une suspension temporaire de la Loi sur la protection de la jeunesse pour leurs communautés.
  

 
Réunis en conférence de presse hier, divers intervenants et spécialistes du dossier autochtone ont sonné l’alarme. La nouvelle loi 125 est mal adaptée à la réalité des Premières Nations et menace la survie de leur culture. Loin de remettre en question les objectifs de la DPJ qui visent à protéger les enfants menacés, ils craignent une assimilation massive de la relève autochtone.
 
C’est l’anniversaire de la mise en œuvre de cette loi qui crée l’urgence. Les enfants ayant séjourné plus de 12 mois dans une famille d’accueil pourront, dès le 9 juillet, être adoptés par celle-ci.
 
Sur les réserves, 1400 des 13 000 enfants sont placés annuellement, en grande majorité à l’extérieur de celles-ci. «C’est huit fois plus que dans les foyers québécois», explique Guylaine Gill, directrice générale de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador. Elle ajoute que la durée moyenne des séjours est actuellement de 9,5 mois par année, par enfant. En conséquence, beaucoup de jeunes risquent de quitter définitivement leur communauté cette année.
 
Après avoir épuisé toutes les possibilités de dialogue, le chef Picard estime n’avoir d’autre choix que de passer aux pressions politiques. La menace d’assimilation a donc poussé l’APNQL à déposer une demande d’enquête au bureau de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse du Québec. Outre une plus grande flexibilité dans l’application de la loi, l’organisme requiert une aide financière d’Ottawa pour la mise en place d’institutions, de programmes d’intervention et de prévention pour être plus apte à agir auprès des familles. «On est les meilleurs pour s’aider mais on doit avoir les moyens de le faire», souligne Sébastien Kurtness, vice-chef de Mashteuiatsh. Ce dernier n’a pas raté l’occasion de rappeler que «les excuses du gouvernement Harper (à propos des pensionnats indiens) doivent maintenant s’accompagner de gestes concrets».
 
Selon un article publié en 2005 par Bernard Roy, professeur de la faculté des sciences infirmières de l’Université Laval, 50 à 60 % de tous les problèmes notés dans les populations autochtones seraient associés à l’alcoolisme. La pauvreté et le manque de ressources locales sont aussi des causes importantes qui justifient le placement d’un enfant autochtone.
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