Les droits de l'homme doient être appliquer partout même si nos fautes peuvent être parfois grave !!Que les vérités cachaient se dévoile !
Voici une lettre que j'ai reçu d'une amie de Manawan de la Nation Atikamekw :
Mon chère Ti-Pied!
Je t'envoie cette lettre avec l' autorisation de ma chère cousine Lise, elle est en deuil de son neveux suicider dans l'temps des fêtes.
xxx Pauline
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À lattention du corps policier en fonction à Manawan.<o:p></o:p>
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Le 22 décembre 2007, mon neveu Germain Dubé sest suicidé. En me remémorant son parcours trop bref, les souvenirs les plus douloureux qui me viennent à lesprit sont les circonstances qui ont fait de lui un criminel. Pourtant ce jeune homme aurait pu avoir un avenir dans notre communauté, il avait à cur le respect de la vie ancestrale. Son rêve était de marcher sur les traces de son grand-père. <o:p></o:p>
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Quelque chose sest brisé en lui, quand il a été emprisonné et aujourdhui, je tente de comprendre. Après des heures de discussion avec lui au téléphone au temps de son incarcération, ce que je retiens le plus est le manque de respect dun membre de votre corps policier. Jignore, si lors de votre formation policière, on offre des cours en psychologie, mais le travail du policier est un des métiers les plus méconnus et des plus ingrats aussi, il va de soi. <o:p></o:p>
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Lorsque dans lexercice de vos fonctions, vous devez arrêter une personne et la reconduire là où il sera enfermée pendant un certain temps, loin de sa famille, de ses enfants, de ses amis, je ne crois pas nécessaire de leffrayer et de le perturber davantage en lui souhaitant le plus de mal et de mauvais traitements dans ce milieu inhospitalier. Cest ce qui est arrivé à mon neveu. Il me rapportait des propos remplis de violence psychologique que lui tenait un policier lors de ses arrestations et de ses déplacements vers les prisons. <o:p></o:p>
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Les malheurs ne se prévoient pas, mais selon nos valeurs de communauté, celles dont nous sommes si fières, la solidarité, le respect et lentraide, il convient doffrir notre soutien à ceux qui souffrent et qui sont plus faibles que nous et non pas de les détruire encore plus. Les paroles peuvent blesser lâme bien au-delà de larme le corps. Hélas, dans les communautés autochtones, chez moi, à Manawan, les gens qui ont un dossier judiciaire sont vulnérables et à haut risques suicidaires. Nest-ce pas une mission honorable pour un policier de défendre une vie? Une marque de respect peut changer une vie, un geste de mépris en abattre une. Même un meurtrier endurci a droit à un procès équitable. Nos jeunes ne sont pas de dangereux criminels, mais leurs procès nont pas toujours été équitables. Malheureusement, le système fait deux des délinquants récidivistes.<o:p></o:p>
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Je ne blâme personne en particulier. Je crois en votre travail, à vos interventions qui ont permis de sauver certaines vies et cela est tout à votre honneur. Ma seule recommandation en tant que femme native de Manawan est quà lavenir, vous considériez toute personne interceptée comme un individu à part entière avec ses droits et toute la valeur de sa vie et pourquoi pas, comme si sa vie ne tenait quà un fil, comme toute autre vie. Je souhaite fortement que plus personne ne se sente blessé suite à des propos malveillants dun policier au jugement trop rapide et déplacé. <o:p></o:p>
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Nous ne sommes pas dans un film, ceci est une réalité, aussi dure soit-elle. La ligne est mince entre le devoir et labus de pouvoir. Je vous en prie, restez vigilants enfin de ne jamais franchir cette ligne. Certains dentre vous devront revoir leur façon de communiquer avec les prévenus. <o:p></o:p>
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Si mon neveu avait reçu le respect quil méritait, je naurais pas eu à vous écrire. Jai été blessée avec lui par le traitement quil a reçu, par sa souffrance morale et la douleur que je ressens aujourdhui après son geste désespéré ne me quittera jamais. Sil avait eu lappui dont nous savons si bien faire preuve dans notre belle culture, jaurais peut-être encore mon neveu en vie. Mais peut-être pas non plus. Je reconnais la vie intensément incertaine et fragile. <o:p></o:p>
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Mon neveu portait en lui une grande colère qui lui causait des problèmes de comportement. Il sépuisait à chercher de laide. Aujourdhui je cherche un moyen dapaiser à mon tour ma propre colère en vous livrant ainsi ce témoignage. Je vous fais confiance en souhaitant être entendue par vous au nom de tous ces gens désespérés et en difficulté, ces jeunes sans défense, sans ressource, qui croiseront votre route à lavenir. <o:p></o:p>
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Par cette lettre, je remplis ma promesse faite à mon neveu que je regrette tant. Je lui avais promis dessayer de parler aux policiers.<o:p></o:p>
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Pour toi, Germain, <o:p></o:p>
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Merci.<o:p></o:p>
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Je vous souhaite une année 2008 pleine damour et de succès.<o:p></o:p>
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Lise Dubé<o:p></o:p>