Bob Weber
Presse Canadienne
Edmonton
Le gouvernement fédéral et les Inuits du Nunavut se sont entendus pour créer le premier sanctuaire pour baleines boréales, après plus de 25 ans de négociations et de délais.
«Ces zones de protection de la faune signifient qu'on y retrouvera de la faune pour toujours, et nous en sommes heureux», a dit le porte-parole inuit, James Eetoolook.
L'accord de principe, qui définit le financement et les responsabilités de gestion pour 12 autres sanctuaires dans l'est de l'Arctique, devra maintenant être ratifié par le Parlement et par les groupes inuits. Le Conseil du trésor devra aussi approuver les engagements financiers.
Si la plupart des régions touchées étaient déjà protégées, l'entente marque l'aboutissement des négociations concernant la baie Isabella, pour laquelle les résidants de la communauté voisine de Clyde River tentent d'obtenir une protection depuis 1982.
La baie Isabella sera dorénavant protégée sous le nom de réserve nationale de faune de Niginganiq.
«Ça a pris du temps, a dit M. Eetoolook, qui espère voir l'entente finale être signée au printemps. Nous ne voulions pas d'une entente qui aurait déplu aux gens de Clyde River.»
Les eaux de la baie Isabella, sur la côte nord-est de l'île de Baffin, abritent un nombre inégalé de baleines boréales. On y retrouverait au moins 300 de ces mammifères qui ont la taille d'un autobus mais les Inuits affirment qu'il y a en beaucoup plus, et les croisiéristes apercevraient des douzaines d'animaux par jour.
En vertu de l'entente, le gouvernement fédéral contribuera 8,3 millions $ sur sept ans. Environ la moitié de cette somme servira au développement du tourisme local, tandis que le reste défraiera aussi bien le coût de fouilles archéologiques que celui de la gestion du site.
Les Inuits pourront de leur côté continuer à faire un usage «traditionnel» des zones protégées, notamment en ce qui a trait à la chasse.
Pete Ewins, du Fonds mondial pour la nature, une organisation environnementale qui réclamait aussi une protection pour la baie Isabella, s'est réjoui de l'annonce de vendredi.
«C'est une étape cruciale», a-t-il dit.
Il a toutefois aussi rappelé que d'autres régions du Nunavut sont menacées par des activités de développement et méritent d'être protégées.
Le Fonds mondial de la nature réclame ainsi la protection des terrains de mise bas des caribous au Nunavut, une zone soumise à une intense exploration minière.