Le mercredi 19 septembre 2007
Phil Fontaine réagit au règlement des pensionnats

Phil Fontaine, chef national de l'Assemblée des Premières Nations.
Photo CP
Tamara King
Presse Canadienne
Winnipeg
Les anciens élèves de pensionnats autochtones victimes d'agressions physiques et sexuelles sont toujours la cible de racisme, même en ces jours où ils commencent à demander les compensations promises par le gouvernement, a déploré mercredi le chef national de l'Assemblée des Premières Nations.
Phil Fontaine a indiqué qu'il sentait des pointes de racisme dans divers commentaires sur la façon dont les ex-élèves dépenseront le montant qui leur sera versé en vertu des indemnités prévues par Ottawa.
Des premiers répondants ont estimé que les compensations entraîneraient certains effets négatifs et que des communautés pourraient voir d'importantes hausses de consommation de drogue et d'alcool, de violence familiale et d'exploitation.
«Cet argent appartient aux survivants. Ce qu'ils font avec cet argent est de leurs affaires», a déclaré M. Fontaine lors d'une conférence de presse soulignant le lancement formel du processus d'indemnisation.
«Je ne critique personne, mais c'est simplement quelque chose que j'entends et que je trouve déconcertant.»
Néanmoins, M. Fontaine a estimé que l'entrée en vigueur du règlement constituait un motif de réjouissances.
«C'est peut-être même un point tournant dans l'histoire de cette nation, a-t-il ajouté. À compter d'aujourd'hui, un long périple de 150 ans tire à sa fin (...) Le règlement souligne le succès de ce périple.»
Environ 150 000 enfants ont fréquenté les pensionnats dans toutes les provinces du pays ü sauf au Nouveau-Brunswick et à l'Ile-du-Prince-Edouard ü entre 1870 et 1970. Bien que plusieurs anciens élèves estiment y avoir reçu une bonne éducation, Ottawa a admis il y a près de 10 ans que les agressions physiques et sexuelles y étaient courantes.
Environ 80 000 anciens élèves peuvent réclamer une compensation en fonction du temps qu'ils ont passé dans les pensionnats. La valeur des chèques devrait atteindre en moyenne 28 000 $. En tout, le règlement pourrait coûter jusqu'à 2 milliards $ au gouvernement fédéral.
Les premières indemnités devraient être mises à la poste dans environ un mois.