«J'ai appris beaucoup, et je me suis dit que la meilleure façon de faire entendre ces gens-là, c'était de m'impliquer encore davantage», dit-il.
C'est ainsi qu'il est devenu cofondateur de la Fondation Rivières. Certaines personnes ont critiqué son implication, prétextant qu'il prêtait son image à une cause et empêchait ainsi d'aller de l'avant avec des projets dont le Québec «ne peut pas se passer».
Mais Roy Dupuis a fait ses devoirs. Son implication dépasse la question de l'image et de sa voix auprès du public. Lorsqu'il parle des rivières, il cite des spécialistes. Il assure aussi rester à l'écoute des arguments de ceux qui font la promotion des projets hydroélectriques. «Mais personne n'a encore réussi à me convaincre», atteste-t-il.
Dans son combat, il a effectué des visites dans des villages amérindiens, notamment chez les Cris. Ce qu'il a appris sur leurs croyances et leur mode de vie l'a impressionné.
La méconnaissance que les Québécois entretiennent envers les Premières Nations l'a frappé. «On paie des billets d'avion pour aller voir d'autres civilisations à l'autre bout du monde, alors qu'il y en a une juste à côté de nous», remarque Roy Dupuis.
L'homme n'a eu aucune difficulté à s'identifier à la philosophie de vie des peuples autochtones. À commencer par leur relation avec la nature qui se résume en une phrase : on n'hérite pas la terre de ses ancêtres, on l'emprunte plutôt à nos enfants. «C'est fort, quand on y pense. Nous, on croit qu'on hérite de la terre, mais c'est une illusion qu'on se fait, et on y croit. Qu'on l'emprunte, ça veut dire qu'elle ne nous appartient pas, qu'elle appartient aux générations futures. Et tout ce qu'on fait a une incidence dans le futur», souligne-t-il.
Plus qu'un simple combat ponctuel, il pense que c'est toute notre façon de penser qu'il faut changer. Notre philosophie aurait avantage à s'inspirer de la sagesse amérindienne.
«Trop souvent, on dissocie l'homme de la nature. On parle souvent du combat de l'homme contre la nature, de l'homme qui modifie son habitat. Alors qu'en fait, on fait partie de la nature. Tant qu'on n'arrivera pas à respecter la nature, on ne se respectera pas nous-mêmes», insiste-t-il.
Pour changer les choses, Roy Dupuis avance une solution originale. Pourquoi ne pas instaurer une période dédiée au retour à la nature dans notre système scolaire ? «Les jeunes pourraient passer une semaine en pleine nature pour apprendre ce que vivaient nos ancêtres et voir ce que ça signifie vivre dans la nature à l'état sauvage.»