Le vendredi 08 juin 2007
Un cimetière ancestral mis à nu par les eaux
Jérémie Chachai a découvert deux crânes que lon croit être ceux denfants qui reposaient dans le cimetière ancestral attikamekw de Kikendatch, jusquà ce que les berges soient emportées par les eaux.
Photo: André Mercier
André Mercier
Le Nouvelliste
Collaboration spéciale
La Tuque
Les 1500 membres de la communauté dOpitciwan sont sous le choc. Des ossements ancestraux, enterrés dans le cimetière de Kikendatch ont été découverts disséminés sur les rives du réservoir Gouin. Une situation que les Attikameck attribue à une gestion déficiente du niveau de l'eau par Hydro-Québec.
L'eau, anormalement élevée, aurait provoqué l'érosion des berges et du coup, la mise à nu des sépultures.
«Nous avons découvert trois crânes dadultes et deux denfants dans le secteur du lac Brochu », explique Fernand Denis-Damée, le vice-chef de la communauté dOpitciwan.
L'endroit, considéré comme le berceau de la nation attikamekw, a été habité jusqu'en 1918, date de la construction du barrage La Loutre, à lextrémité sud du réservoir Gouin.
« Nous croyons que cela a été causé parce qu'Hydro-Québec a retenu beaucoup trop deau au cours de lautomne et de lhiver. Ici-même dans la communauté qui se trouve sur les rives du réservoir Gouin, on a pu sapercevoir que le niveau de l'eau était beaucoup plus haut que dhabitude », mentionne M. Denis-Damée.
Selon le vice-chef dOpitciwan, la convention de 1988 intervenue avec Hydro-Québec a été bafouée puisqu'«il y a des endroits comme celui-ci qui devaient être protégés par Hydro-Québec qui savait depuis toutes ces années quil y avait des sépultures ici ».
Pour les gens de la communauté dOpitciwan, cest un véritable choc. « Moi-même, je nen revenais pas, ce nest pas acceptable », ajoute Fernand Denis-Damée.
Le dossier a été confié au négociateur en chef du Conseil de la nation atikamekw (CNA), Marcel Boivin, impossible à joindre vendredi. « Je sais quil a contacté Hydro-Québec, car ceux-ci devaient se rendre sur les lieux pour constater les faits », précise M. Denis-Damée.
Hydro-Québec répond
Le porte-parole dHydro-Québec, Marc-Brian Chamberland, confirme que la société dÉtat a été mise au courant de cette découverte au début de la semaine. Il mentionne toutefois quil est encore trop tôt pour répondre aux allégations attribuant la responsabilité de la situation au niveau trop élevé du réservoir Gouin.
«Il est trop tôt en ce qui concerne la responsabilité, alors nous sommes à regarder et constater avant daller plus loin », précise M. Chamberland.