Ils roulent en motorisé et sillonnent depuis 2003 les routes du Québec pour venir en aide aux différentes communautés autochtones de la province. Intervenants sociaux, formateurs ou producteurs, ces nomades, membres de la corporation du Wapikoni mobile, gèrent ce projet denvergure à partir de bureaux situés à Saint-Laurent.
«Les autochtones font partie de la population avec le plus haut taux de suicide, de grossesse non désirée, dalcoolisme et de toxicomanie et cest une des raisons pourquoi nous devons les aider en leur faisant découvrir le grand potentiel quils possèdent», soutient Lucille Veilleux, responsable du développement de partenariat pour le Wapikoni mobile.
Le cerveau du projet est situé au 3155 Chemin de la Côte-de-Liesse à Saint-Laurent, et est hébergé par lOffice national du film. Malgré le peu de proximité avec les différentes réserves visitées par le Wapikoni mobile, les fondateurs souhaitaient grouper leurs bureaux à Saint-Laurent. «Comme les activités se déploient dans plusieurs grandes régions administratives comme lAbitibi, Lanaudière ou encore la Côte Nord, la logistique devait être centralisée. De plus, la quasi-totalité des cinéastes formateurs et intervenants vivent à Montréal et les environs ou près de Québec», explique Manon Barbeau, fondatrice du projet et productrice.
Le cinéma qui sauve des vies
Lobjectif du projet vise à permettre aux jeunes amérindiens entre 18 et 30 ans, de sexprimer soit par le cinéma, ou encore par la musique. Une fois arrivés sur le site, les intervenants recrutent des jeunes intéressés à faire du cinéma et leur donne gratuitement une formation dans le domaine.
La roulotte peu ordinaire du Wapikoni mobile possède une salle de montage à lendroit normalement réservé à la chambre à coucher, de même quune salle de mixage à la place de la douche. Il est également doté de trois caméras, de deux unités professionnelles de prise de son et d'un projecteur qui permet d'organiser des projections dans les communautés à la fin de chacune des escales. Chaque année, le motorisé et ses passagers parcours près de 16 000 km à travers 10 communautés autochtones et accueillent en moyenne 12 jeunes dans chaque réserve.
Chaque escale est dune durée denviron un mois, durant lequel les formateurs encouragent limaginaire des participants tout en leur apportant support et écoute. «Faire de la vidéo pousse les jeunes à travailler en équipe. Les hommes et les femmes ont donc la rare chance de travailler en collaboration pour développer des liens. Le Wapikoni mobile contribue ainsi à faire augmenter leur estime deux-mêmes tout en développant leur imagination», évalue Mme Veilleux.
Lorganisation a récemment reçu une aide financière de 467 172$ de la part du gouvernement fédéral afin de continuer à développer ses services.