Lac Simon: la langue algonquine est à lagonie Par Stéphane Laroche
La langue algonquine disparaît progressivement au Lac Simon. À un point tel que trois enfants sur cinq ne parlent plus la langue de leurs ancêtres.
Le chef de la communauté, Daniel Pien, déplore cette situation. «Il faut valoriser notre langue dans nos deux écoles, clame-t-il. On ne lenseigne pas assez. Il faut revoir notre système denseignement et faire plus de place à notre langue.»
Léducation constitue dailleurs la première priorité du Conseil de la nation du Lac Simon. «Il faut éduquer nos jeunes, souligne M. Pien. Il faut les amener à finir leur 5e secondaire et même à aller plus loin.»
On se souviendra quau cours des dernières années, moins de 20% des jeunes Algonquins du Lac Simon terminaient leurs études secondaires après sept années détudes. Il faut dire que les jeunes Autochtones doivent répondre aux mêmes exigences que les Blancs pour obtenir leur diplôme de 5e secondaire. Les Premières Nations souhaitent depuis longtemps quon tienne compte de leurs réalités dans leur apprentissage.
De plus, avec une cinquantaine de naissances par année dans la communauté, il manque de plus en plus despace dans les écoles du Lac Simon, signale M. Pien. Surtout à lécole primaire. «Cest difficile de faire des choix pour assurer un enseignement de qualité à nos jeunes, lorsque largent nest pas disponible», fait-il remarquer.
Un meilleur taux de diplomation serait certainement bénéfique pour le développement de cette communauté de 1600 habitants. Cest du moins ce que présume le chef Pien. «On veut créer des emplois, lance-t-il. On veut faire partie du développement de la région. On veut prendre notre place.»
Miser sur le développement Le développement de léconomie constitue dailleurs la deuxième grande priorité que sest donnée le Lac Simon. Le Conseil de la nation tente aussi dobtenir une meilleure reconnaissance des droits de ses membres et de répondre à leurs besoins grandissants au niveau de léducation, de la santé, de lhabitation, du territoire qui doit être agrandi...
Ces objectifs représentent un défi de taille, si lon considère que «les grosses décisions se prennent au Conseil du Trésor plutôt que dans la communauté», dénonce M. Pien.
Impliquer les jeunes et les aînés Pour relever tous ces défis, le Lac Simon mise sur sa jeune population, sur limplication de ses aînés, sur lattachement à sa culture et sur lentraide de ses membres.
«Pour savoir qui tu es et où tu vas, tu dois dabord savoir ce qui sest passé avant toi, exprime M. Pien. Et notre bibliothèque, ce sont nos aînés. Quand une personne âgée décède, cest une partie de notre langue qui part. Une partie de notre histoire qui sen va. Cest un peu le sens de notre société qui disparaît.»
Doù limportance de les impliquer dans le développement de la communauté et de les amener à transmettre leurs connaissances, soutient-il.