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Lac Simon: la langue algonquine est à l’agonie

Lac Simon: la langue algonquine est à l’agonie
Par
Stéphane Laroche

La langue algonquine disparaît progressivement au Lac Simon. À un point tel que trois enfants sur cinq ne parlent plus la langue de leurs ancêtres.

Le chef du Lac Simon, Daniel Pien, a dévoilé les forces et les enjeux de sa communauté lors d’une conférence au Centre d’études supérieures Lucien-Cliche de Val-d’Or, présentée le 28 octobre dernier. Plus d’une cinquantaine de personnes ont pris part à l’événement. Le chef de la communauté, Daniel Pien, déplore cette situation. «Il faut valoriser notre langue dans nos deux écoles, clame-t-il. On ne l’enseigne pas assez. Il faut revoir notre système d’enseignement et faire plus de place à notre langue.»

L’éducation constitue d’ailleurs la première priorité du Conseil de la nation du Lac Simon. «Il faut éduquer nos jeunes, souligne M. Pien. Il faut les amener à finir leur 5e secondaire et même à aller plus loin.»

On se souviendra qu’au cours des dernières années, moins de 20% des jeunes Algonquins du Lac Simon terminaient leurs études secondaires après sept années d’études. Il faut dire que les jeunes Autochtones doivent répondre aux mêmes exigences que les Blancs pour obtenir leur diplôme de 5e secondaire. Les Premières Nations souhaitent depuis longtemps qu’on tienne compte de leurs réalités dans leur apprentissage.

De plus, avec une cinquantaine de naissances par année dans la communauté, il manque de plus en plus d’espace dans les écoles du Lac Simon, signale M. Pien. Surtout à l’école primaire. «C’est difficile de faire des choix pour assurer un enseignement de qualité à nos jeunes, lorsque l’argent n’est pas disponible», fait-il remarquer.

Un meilleur taux de diplomation serait certainement bénéfique pour le développement de cette communauté de 1600 habitants. C’est du moins ce que présume le chef Pien. «On veut créer des emplois, lance-t-il. On veut faire partie du développement de la région. On veut prendre notre place.»

Miser sur le développement
Le développement de l’économie constitue d’ailleurs la deuxième grande priorité que s’est donnée le Lac Simon. Le Conseil de la nation tente aussi d’obtenir une meilleure reconnaissance des droits de ses membres et de répondre à leurs besoins grandissants au niveau de l’éducation, de la santé, de l’habitation, du territoire qui doit être agrandi...

Ces objectifs représentent un défi de taille, si l’on considère que «les grosses décisions se prennent au Conseil du Trésor plutôt que dans la communauté», dénonce M. Pien.

Impliquer les jeunes et les aînés
Pour relever tous ces défis, le Lac Simon mise sur sa jeune population, sur l’implication de ses aînés, sur l’attachement à sa culture et sur l’entraide de ses membres.

«Pour savoir qui tu es et où tu vas, tu dois d’abord savoir ce qui s’est passé avant toi, exprime M. Pien. Et notre bibliothèque, ce sont nos aînés. Quand une personne âgée décède, c’est une partie de notre langue qui part. Une partie de notre histoire qui s’en va. C’est un peu le sens de notre société qui disparaît.»

D’où l’importance de les impliquer dans le développement de la communauté et de les amener à transmettre leurs connaissances, soutient-il.


http://www.hebdosquebecor.com/cvo/10072007/cvo_10072007_A12.shtml
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