Voyage au pays des Hurons pour les élèves de Rochebelle
Le Soleil
Québec
Quatre nuits et cinq jours à jeûner, en quête dune vision. Jamais, au grand jamais, Antoine ne pourrait imiter les Amérindiens. « Moi, jai lestomac qui gargouille une heure après avoir déjeuné ! », avoue ladolescent, impressionné.
Antoine et 210 autres étudiants de troisième secondaire de lécole Rochebelle sont sortis de leur banlieue durant une journée pour pénétrer en forêt, à la rencontre des Hurons.
Cest Denys Parent, leur animateur à la vie sprituelle et à lengagement communautaire, qui voulait les voir plonger dans la culture autochtone, au-delà des livres de géographie et dhistoire. « Les jeunes entendent tous les préjugés sur les Amérindiens, avec les cigarettes, les taxes, fait remarquer M. Parent. Le but, cest de permettre aux cultures de se rapprocher et de lutter contre les préjugés. »
Dans les montagnes rouges, oranges et dorées de la vallée de la Jacques-Cartier à Tewkesbury, le chef coutumier du clan de lOurs guérisseur, Régent Garihwa Sioui, les accueille au site de cérémonie et les guide dans les rites amérindiens.
Les étudiants ont gardé leur jean mode et leur chandail griffé pour cette sortie dans le bois. Et la caméra numérique nest jamais très loin. Mais ça ne les empêche pas dêtre attentifs aux enseignements et de humer lodeur de sapin, omniprésente.
La Micmac Francine Beaudry aide les étudiants à choisir lanimal-totem de leur collier.
Les jeunes doivent prendre dans leurs mains la figurine qui simpose à eux. « Habituellement, ils choisissent lanimal qui correspond à une qualité quils ont ou quils vont développer dans leur vie », explique Francine Beaudry.
Par exemple, le loup pour lélève leader, la tortue pour celui qui se dirige toujours droit sur son objectif et lorignal pour celle qui a une bonne confiance en elle.
Après sa confection, le collier sera purifié avec les quatre herbes sacrées et remis à lélève.
Savouant ignorants au départ, les étudiants de Rochebelle disent avoir appris énormément sur la vie des Amérindiens, une existence beaucoup plus simple que la leur, constate Félix. « Eux, ils navaient pas tous les gadgets, mais vivaient heureux pareil », estime-t-il.
Marie-Christine se demande comment 40 familles amérindiennes pouvaient cohabiter dans la même maison longue, dont une reproduction est bâtie sur le site. « Déjà que je me chicane avec ma sur ! », lance la blonde adolescente.
Les adolescents se sont même essayés à la méditation. Assez longtemps pour sentir lodeur de la sève et suivre le parcours des insectes dans lherbe. Pas mal pour de jeunes urbains !
http://www.cyberpresse.ca/article/20071007/CPSOLEIL/71006077/5025/CPDMINUTE
SUPER BONNE INNITIATIVE BRAVO!