Un juge de la Cour d'appel de l'Ontario dirigera la Commission sur la vérité et la réconciliation que le gouvernement du Canada avait promis de créer lors du règlement à l'amiable avec les survivants des anciens pensionnats autochtones.
Le ministre des Affaires indiennes, Chuck Strahl, a confié lundi, à Ottawa, la présidence de cette commission au juge Harry LaForme, lui-même membre de la Première Nation Mississaugas New Credit.
Le juge Harry LaForme |
La commission, qui sera formée officiellement le 1er juin prochain après la nomination de deux commissaires pour appuyer le juge LaForme, permettra, selon le ministre Strahl, de rapprocher tous les Canadiens de l'objectif, soit la guérison et la réconciliation.
Le juge LaForme a attribué la création de cette commission à la douleur, au courage et à la persévérance des 90 000 survivants des pensionnats autochtones. Il a ajouté que la commission se prépare à écouter avec compassion les voix multiples du passé et qu'elle ne cherchera pas à masquer la vérité.
La Commission sur la vérité et la réconciliation est un forum de 60 millions de dollars qui permettra aux anciens résidents de ces pensionnats de raconter leur histoire.
Le juge LaForme, âgé de 61 ans, est un ancien commissaire des Indiens de l'Ontario et un ancien président de la Commission fédérale des revendications territoriales autochtones.
Fontaine satisfait
La nomination du juge LaForme ravit Phil Fontaine, le chef de l'Assemblée des Premières Nations. Selon lui, le juge LaForme est une personne bonne et généreuse qui fera tout en son pouvoir pour déterminer ce qui s'est passé dans ces pensionnats.
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Environ 150 000 Autochtones, Inuits et Métis ont été retirés de leurs communautés et envoyés dans ces pensionnats où les sévices corporels ont été monnaie courante durant des décennies. |
Phil Fontaine indique que la vraie histoire de ces pensionnats a été cachée ou incomprise jusqu'à maintenant. « Ces pensionnats font partie de l'histoire du Canada, de préciser le chef Fontaine, et cette commission est l'occasion de rectifier les faits et d'écrire les chapitres manquants. »
Le juge LaForme a indiqué que contrairement aux longues audiences tenues en Afrique du Sud pour examiner les crimes commis sous l'apartheid, la Commission canadienne sur la vérité et la réconciliation n'offrira pas l'immunité à ceux qui comparaîtront devant elle.
http://www.radio-canada.ca/regions/colombie-britannique/2008/04/28/004-commission_pensionnat_n.shtml