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Rabaska: les Malécites se méfient d'Ottawa

 
Le vendredi 16 novembre 2007

Rabaska: les Malécites se méfient d'Ottawa
Simon Boivin
Le Soleil
Québec
Les autochtones malécites soupçonnent Ottawa de se servir d’eux pour retarder son approbation au projet de port méthanier Rabaska.

 
La chef des revendications territoriales de la première nation malécite de Viger, Martine Bruno, déplore que le gouvernement fédéral n’ait laissé que quelques jours à son organisation pour émettre une opinion sur le terminal de gaz de Lévis.
 
«Même si on a manifesté très tôt nos intentions dans ce projet, ils ont fait comme si on n’existait pas, a indiqué au Soleil Mme Bruno, hier. Tout à coup, il leur prend l’envie soudaine de consulter les autochtones. Mais ils ne nous donnent que 15 jours pour donner notre avis. Je trouve ça suspect. J’ai l’impression que le gouvernement fédéral se sert du fait qu’on n’a pas été consultés pour retarder ou repenser son orientation du projet.»
 
Le Conseil de la nation autochtone a besoin de temps et de ressources financières pour étudier les impacts de l’implantation de Rabaska sur la communauté de 1100 membres, principalement regroupés dans le Bas-Saint-Laurent. Par exemple, explique Nathalie Caron, directrice générale par intérim du conseil, le site choisi peut receler des artefacts malécites accréditant la revendication territoriale de ce groupe. Elle ne sait pas combien de temps serait nécessaire pour mener les études, mais le fédéral devrait fournir des ressources financières pour les mener à bien, insiste Mme Caron.
 
Elle s’inquiète aussi qu’Ottawa respecte tardivement son obligation de consulter les autochtones pour servir un «agenda caché». «Ma perception, c’est qu’on sort les autochtones du chapeau quand ça fait l’affaire», dit-elle.
 
Pour l’instant, poursuit Mme Caron, lorsque les impacts auront été mesurés, les Malécites chercheront une solution négociée. Un accommodement intéressant à envisager pourrait être, notamment, un certain pourcentage d’emplois sur le chantier à des membres de la communauté. «C’est beaucoup mieux que de recevoir une somme d’argent et se faire dire : fermez votre trappe, note Mme Caron. Ça a l’air de gens qui se font acheter et ce n’est pas l’objectif. On veut atteindre l’autonomie financière pour nos membres.»
 
Reste que le consortium de Rabaska devraient y penser à deux fois avant de s’installer sur des terres revendiquées par une première nation, plaide Mme Caron. «Comme promoteur, je ne suis pas sûre que j’aimerais les titres qu’on m’octroie (sur les terres), avance-t-elle. Si on ne tient pas compte du tout de ce que font valoir les nations autochtones, si j’étais promoteur d’un projet comme celui-là, je serais nerveux.»
 
En attendant, les retards dans l’autorisation du fédéral que pourrait occasionner la consultation des Malécites ne semblent pas trop inquiéter les gens de Rabaska. «C’est clair qu’on souhaite toutes les autorisations le plus rapidement possible, mais pour l’instant, on négocie avec les fournisseurs gaziers avec un décret du gouvernement du Québec qui nous met sur la ligne de départ pour de vrai», explique un porte-parole, Simon Poitras.
 
 
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